Mururoa.
L'Atoll de la honte.

 
 

Et la France devint une puissance nucléaire.
En février 1960, une bombe A d'une puissance de 60 à 70 Kt est testée dans le Sahara algérien. « Hourra pour la France ! câble le général De Gaulle. Depuis ce matin, la France est plus forte et plus fière ». Malgré les pressions américaines et l'opposition de l'ONU, De Gaulle ordonne de continuer le programme nucléaire français. 17 essais nucléaires atmosphériques auront lieu au Sahara. En 1963, après l'indépendance de l'Algérie, la France est contrainte de changer de site. Elle choisit l'Atoll de Mururoa en Polynésie Française.

Mururoa n'est pas choisi au hasard. Cet atoll, situé à 18 000 km de Paris, est officiellement éloigné de toute présence humaine. Faux… l'île de Tureia n'est qu'a 120 kms avec une population de 70 habitants, et plus de 5000 personnes vivent dans un secteur élargi. Bien évidement la France, elle, est bien loin des retombées radioactives. L'atoll de Mururoa n'est pas le seul concerné par ces essais. 14 tests ont également été effectués à Fangataufa. Jusqu'en 1974, les tirs ont été atmosphériques. Ils ont continué en souterrain jusqu'en janvier 1996. Chaque tir constituait un spectacle que ces gens admiraient sur la plage sans se douter que chaque « feu d'artifice » était une bombe mortelle à retardement. Les militaires distribuaient après chaque spectacle de l'argent et de la nourriture. Les rapports établis par les médecins militaires sur l'état de santé de la population n'ont jamais été divulgués. La France a procédé à 193 tirs nucléaires aux Tuamotu. Reste l'épineux problème de la contamination du sous sol. Une équipe de cinq savants ont étudié le site pendant quatre jours. « Il n'y a pas d'indication de fuites à court terme, ont-ils écrit. Si elles devaient se produire, ce serait dans un délai de 500 à 1000 ans ».

Compte tenu de l'absence de suivi médical, il est difficile de faire un bilan des maladies et des décès liés aux essais nucléaires, mais il à été établi qu'en Polynésie, il y a deux fois plus de cancers de la thyroïde que partout ailleurs dans le pacifique et nous savons que les irradiations provoquent des cancers de la peau et des leucémies. Nos amis de Ua Pou aux marquises nous ont fait remarquer que lors des essais atmosphériques, une bonne partie de la population avait des démangeaisons et des infections de la peau.


En 2009 , la France reconnait enfin sa responsabilité.

Enfin, après tant d'années pendant lesquelles les gouvernements français ont réfuté toute responsabilité concernant les effets des essais nucléaires, un aveu officiel a été publié. Hervé Morin, ministre de la Défense a déclaré :  "Notre pays devait se mettre en paix avec lui-même." On a dénombré au moins 18 maladies provoquées par les essais dont de nombreux cancers. Chaque victime exposée aux radiations va recevoir une compensation monétaire.
Bien sûr, pour toutes les victimes, cette indemnité ne remplacera jamais ce qu'ils ont perdu, mais au moins, la France a cessé de nier ses actes en se basant sur de soi-disant rapports d'experts affirmant que ces
essais n'avaient eu aucune conséquence sur les techniciens et la population.

Voyage en voilier.